Du Palais fédéral au chantier
"Nous aimerions vous faire découvrir la vie d'artisan" C'est ainsi que la conseillère nationale et peintre en bâtiment Sandra Sollberger a accueilli ses collègues. Cela implique de sentir et de vivre un chantier.
Les 15 parlementaires s'étaient retrouvés au 3e étage du Centre Bubenberg pour l'événement parlementaire incluant un "déjeuner de bureau". Les travaux d'aménagement intérieur sont en cours dans ce bâtiment qui abritera le futur nouvel accès à la gare de Berne.
Or et argent
Sollberger a d'abord évoqué les championnats d'Europe des métiers EuroSkills. Ceux-ci ont donné un "résultat génial pour nous" : la peintre Carmen Bircher a remporté l'or, le plâtrier-constructeur à sec Florian Hurni l'argent.
Lors des manifestations parlementaires, la peintre en bâtiment présente toujours un outil de son métier. Cette fois-ci, le thème était un facteur externe, à savoir la météo, qui préoccupe beaucoup le secteur de la construction et en particulier les peintres et les plâtriers.
La météo influence la planification
Des événements météorologiques inattendus peuvent perturber la planification des travaux. Au lieu d'affecter les collaborateurs à une façade comme prévu, l'employeur doit soudain leur confier d'autres tâches après un orage inattendu. De telles situations font monter le pouls et nécessitent "beaucoup d'énergie et d'efforts", a déclaré Sollberger. Elles sont particulièrement difficiles pour les petites entreprises avec peu de chantiers.
La convention collective de travail est importante
Silvia Fleury, la directrice de l'ASEPP, a présenté l'association et ses tâches. Elle a indiqué que la convention collective de travail était un instrument important pour protéger les bonnes entreprises, qui s'engagent également pour la formation et la promotion de la relève, contre une concurrence peu sérieuse.
Parmi les défis auxquels l'association s'attaque activement, Mme Fleury a cité la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, la baisse d'attractivité des métiers de la peinture et de la plâtrerie pour les personnes à la recherche d'une place d'apprentissage et le manque fréquent de successeurs pour les entrepreneurs qui partent à la retraite.
L'ASEPP doit se pencher sur un autre aspect de l'évolution de la société. Les jeunes entrepreneurs ont des exigences différentes de celles de la génération précédente. Alors que cette dernière était surtout fière d'appartenir à l'association, les jeunes sont plus attentifs aux avantages monétaires que procure l'adhésion.
Les souffrances en ville
Les joies et surtout les souffrances d'une entreprise artisanale dans une ville suisse ont été évoquées par Christoph Tanner, qui travaille sur le chantier des CFF et a participé à l'organisation de l'événement. Le propriétaire de l'entreprise Mordasini Maler Gipser AG, qui existe depuis 125 ans, a souligné que ses descriptions ne s'appliquaient pas seulement à Berne, mais aussi à d'autres grandes villes suisses.
Le premier problème est que les entreprises artisanales sont chassées de la ville. Cela a commencé dès les années 1920, lorsque l'entreprise des Mordasini n'a plus été tolérée dans la vieille ville parce que les peintres "puaient l'huile de lin et faisaient du bruit" (citation de Tanner).
Le vert n'existe plus que dans les têtes
L'entreprise a construit son nouveau site "en rase campagne" dans le quartier de "Breitsch" (Breitenstein). Entre-temps, le quartier fait partie de la ville et reste malgré tout très vert, "mais seulement dans les têtes", comme l'a constaté Tanner. Il a qualifié le quartier de "bastion de la pensée rouge-verte" et c'est pourquoi la pression sur son entreprise pour qu'elle trouve un autre lieu d'implantation s'accroît à nouveau. C'est ce qui arrive à de nombreuses PME établies de longue date à Berne, ce qui les pousse à quitter la ville.
Planification du trafic hostile aux entreprises
La planification du trafic urbain est un sujet récurrent dans les milieux commerciaux. Avec des mesures telles que des fermetures de rues, des restrictions horaires et la suppression de places de stationnement, elle rend l'accès, le déchargement et le départ des artisans de plus en plus difficiles.
L'entrepreneur a deux idées ou souhaits dont la prise en compte permettrait de désamorcer la situation. Premièrement, les développeurs territoriaux doivent davantage intégrer le "trafic économique" dans leurs réflexions, car "les PME sont la colonne vertébrale de la société".
Créer des zones industrielles
Deuxièmement, le règlement de construction et de zone de la ville prévoit certes des industries à de nombreux endroits. Mais ces entreprises sont des barber shops, des salons de manucure et des ateliers de couture, a constaté Christoph Tanner. Le commerce "qui arrive en camion et discute bruyamment de football le matin" n'est pas toléré. C'est pourquoi il demande l'aménagement de nouvelles zones industrielles à la périphérie de la ville, dans lesquelles "nous pouvons entretenir notre production et notre stock sans avoir à parcourir de longues distances".
Texte et photos : Raphael Briner